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Dossier : L’énergie et l’habitat

26 août 2010 aucun commentaire

Les énergies renouvelables.

L’habitat, comme le secteur du bâtiment en général, est fortement consommateur ’énergie. La consommation d’énergie dans les habitations représente 43 % de la consommation totale d’énergie en France et 25 % des émissions de gaz à effet de serre.

Après le Protocole de Kyoto, le Grenelle de l’Environnement a mis ces questions au coeur de la lutte contre le réchauffement climatique et ainsi inscrit la France dans une politique de réduction de sa consommation d’énergie.

Concernant le secteur de l’habitat, il s’agit d’adopter par exemple dans la conception-construction des bâtiments des techniques performantes en termes d’efficacité énergétique  (isolation, ventilation, inertie thermique, éclairage naturel, équipements économes). Un Diagnostic de Performance Énergétique (DPE) est d’ailleurs obligatoire désormais pour chaque vente et chaque location de logement, et un accord a été signé entre Jean-Louis Borloo et les agences immobilières pour que cette information figure sur les annonces immobilières
d’ici à 2012.

Rappelons que les objectifs (pour les bâtiments neufs) sont de ne plus dépasser une consommation annuelle de 50KwH/m2 pour fin 2012 (contre 150 KwH/
M2/an aujourd’hui) puis 15KwH/M2/an pour 2020.

Indispensable pour trouver une alternative aux énergies fossiles polluantes (pétrole, charbon), le développement des énergies renouvelables ne cesse d’augmenter en France. En 2008, la production d’énergie renouvelable a connu une croissance de 11% (dont 9 % de croissance pour l’hydraulique et 25 % pour les autres énergies renouvelables). La part d’électricité d’origine renouvelable dans la consommation intérieure brute d’électricité monte à 14,1 % (contre 12,9% en 2007), et l’objectif européen est d’atteindre les 20% d’ici à 2020. La part de l’hydraulique reste prépondérante avec près de 87 % de la production électrique renouvelable. Tandis que la part de l’éolien poursuit sa progression à 8 %, contre 6% en 2007, celle des déchets urbains renouvelables reste stable à 2,5 % et celle du bois-énergie diminue de nouveau légèrement à 1,8 %. Le poids du biogaz et du solaire photovoltaïque, bien qu’en forte
progression, reste inférieur à 1 %. Depuis la libéralisation complète du marché de l’électricité en juillet 2007, plusieurs fournisseurs d’énergie renouvelable ont vu le jour.

L’un d’entre eux, Enercoop, dont le statut de coopérative témoigne d’un positionnement résolument responsable, a dépassé début 2010 le seuil des 5 500 consommateurs (contre 1070 fin 2007), dont 4800 particuliers et 700 entreprises. Parmi ses clients, précisons que 3500 sont aussi sociétaires. Enercoop fournit l’équivalent de 17 500 MWh d’énergie et s’approvisionne auprès de 48 producteurs. Son mix énergétique se compose à 90% d’hydraulique, 7% d’éolien, 2% de photovoltaïque et 1% de biogaz.

Enercoop est contraint de s’approvisionner en majorité en énergie hydraulique car la coopérative ne bénéficie pas de la compensation financière accordée à EDF pour
l’achat d’énergies renouvelables en particulier pour l’achat des énergies les plus chères (photovoltaïque en tête, puis éolien et biogaz). La coopérative doit donc compenser
l’effort financier fourni pour ces énergies alternatives par l’achat d’énergie hydraulique, la moins onéreuse des quatre énergies renouvelables, pour maintenir un prix de vente
acceptable pour le consommateur.

Le solaire thermique

Le marché du solaire thermique en France est à la peine en 2009, avec une baisse de 15% par rapport à l’année 2008.

Un marché sauvé par la progression du collectif (+19%), alors que la baisse dans le secteur résidentiel est significative : supérieure à 14% pour le chauffe-eau solaire, et de 56% pour les systèmes solaires combinés. Que le marché régresse sous la barre des 265 000m2 en 2009 est un signe inquiétant, alors que l’objectif de marché annuel d’investissement dans la chaleur renouvelable vise près d’1 million de m2 installés par an d’ici 2012.

La crise économique, le recul du prix des énergies fossiles, la concurrence des offres thermodynamiques sont autant d’effets cumulés qui ont impacté négativement le secteur du solaire thermique. Le seul segment qui progresse modestement est le solaire thermique collectif, soutenu par les fonds de chaleur et les conseils régionaux.

Le Photovoltaïque

L’énergie photovoltaïque, encore peu exploitée en France, connaît depuis 2 ans une très forte croissance. En effet, La puissance du parc photovoltaïque raccordé au réseau est passée de 35 MW en décembre 2007 à 269 MW (0,269 GW) en décembre 2009, soit une multiplication par 10 du parc en deux ans. Si la croissance se maintient au même rythme, nous sommes en très bonne voie pour atteindre l’objectif de 5,4 GW d’ici 2020, selon le Grenelle de l’Environnement.
Le photovoltaïque a permis de produire en France environ 280 GWh en 2009 – l’équivalent de la consommation électrique de 125 000 habitants tous postes confondus.
La majeure partie des installations (44%) sont de petites tailles (inférieures à 3kW) et sont le fruit de la demande des particuliers. Ainsi 78 000 demandes de raccordement pour des installations inférieures à 36 kW ont été enregistrées en 2009 contre 25 000 en 2008 et 1500 en 2006. Les zones Ouest, Méditerranée et Rhône-Alpes, les plus ensoleillées, totalisent 72 % du nombre d’installations. Même si la croissance du marché a été de 150% en 2009 par rapport à 2008, la France est encore très loin de ses voisins européens, l’Allemagne en tête avec 41TWh (1TGW = 1000 GW) d’énergie photovoltaïque produite en 2008.

Marché des capteurs solaires
thermiques (en m2)
Source Enerplan : Association des professionnels de l’énergie solaire
La croissance du photovoltaïque
en France (En Méga Watt)
Sources : Observ’Er et SOLER

Le chauffage au bois

Le chauffage au bois domestique permet de réaliser des économies considérables. D’après une enquête CEREN de 2005, les ménages se chauffant au bois dépenseraient
40% de moins que ceux qui se chauffent à l’électricité.

Après un ralentissement de la vente d’appareils de chauffage au bois en 2007, on note une légère augmentation en 2008 dans le secteur résidentiel, avec une belle progression des poêles et des chaudières, la disparition progressive des appareils de base traditionnels à consommation élevée (cuisinières, foyers, inserts) étant compensée par l’acquisition
d’appareils nettement plus performants (poêles à granulés, par exemple) et la poursuite du programme bois-énergie 2007-2010 dans les secteurs collectif/tertiaire et industrie (450 nouvelles opérations engagées pour une puissance de 267 MW).

La géothermie

Porté par les préoccupations environnementales, le marché des pompes à chaleur continue d’avoir le vent en poupe même si après un doublement en 2008, il accuse quand même un léger recul de 20% sur 2009.

Appareils de chauffage au bois
(Ventes annuelles en unités)
Source : Ademe
Pompes à chaleur installées en
France (vente d’appareils)
Source : AFPAC : Association française
des pompes à chaleur

L’électroménager classe A

Aujourd’hui, près d’un quart des émissions de CO2 provient de la consommation électrique des appareils domestiques. Mais les Français, soucieux d’acheter des
produits d’électroménager toujours plus innovants, prennent désormais mieux en compte l’impact environnemental et l’économie d’énergie qu’un produit peut engendrer.
Le marché français de l’électroménager de classe A est l’un des plus dynamiques, à la seconde place en Europe avec une part de marché valeur de 21 % , derrière la Grande
Bretagne qui réalise 22% et devant l’Allemagne avec 17 %.

Les produits de classe A, A+ voire A++ dans le froid depuis quatre ans réalisent un chiffre d’affaires important, et contribuent à valoriser le marché, avec des produits à faible consommation énergétique. Les réfrigérateurs de classe A+/A++ réalisent notamment 19 % des ventes en volume en 2008 (contre 6 % en 2004). Idem pour les congélateurs classe A+/A++ qui représentent à la même période 21 % du marché contre 8 % en 2004. Le réfrigérateur A+ fait partie des meilleures ventes avec 1/3 des références vente étiquette A+ , et
contribue ainsi à 26 % du chiffre d’affaires. Le congélateur classe énergétique A++/ A+ réalise, quant à lui, 36 % des ventes en valeur. Il faut dire qu’une offre plus large d’appareils à faible consommation énergétique est désormais proposée par 45 marques différentes, soit plus de 1 000 références de réfrigérateurs A+ en 2008 contre 200 en 2004. Le respect de l’environnement porte aussi sur l’eau, et d’importants efforts ont porté sur la diminution de consommation d’eau des lave-vaisselle. Ainsi, 44 % des ventes en 2008 sont réalisées par des appareils d’une consommation de 13 litres d’eau contre 20 % en 2004.

Appareils frigorifiques catégorie A
et A+ (ventes annuelles en unité)
Source : Gifam

Les ampoules éco efficace

A l’heure où 9% de la facture d’électricité des ménages part dans l’éclairage, l’orientation de la consommation vers des ampoules consommant moins que les traditionnelles ampoules incandescentes est désormais un objectif planifié par les Pouvoirs Publics. Depuis le 1er septembre 2009, de nombreuses ampoules ont été retirées du marché, parmi elles toutes les ampoules non claires (dites dépolies), les incandescentes de 100 watts, tous les modèles en verre opaque et certains types d’halogènes. Cette suppression a entraîné un bond de l’éclairage grand public qui a été boosté par de récentes innovations telles que les halogènes à économies d’énergie.
Fin octobre 2009, le chiffre d’affaires annuel du marché des ampoules éco-efficaces a progressé de 14,8% pour atteindre les 377 millions d’euros. Ce changement a également entraîné une forte diminution du nombre de références d’ampoules à incandescence. Fin 2009, ces ampoules jugées trop énergivores comptaient en moyenne 64 références, contre plus de 100 un an plus tôt. A l’inverse, les ampoules basse consommation fluocompactes, les plus répandues des ampoules économes en énergie, progressent fortement, représentant 49% du chiffre d’affaires et progressant de 47% en volume. Elles durent en effet 6 à 10 fois plus longtemps que leurs grandes soeurs à incandescence et consomment 4 à 5 fois moins d’énergie. Et leur recyclage est en augmentation.

En 2008, la filière de collecte et de recyclage Recylum a recueilli plus de 40 % des lampes usagées en France (contre 31% en 2007). La vente des ampoules classiques de 75 W prendra
fin le 30 juin 2010 en France et, d’ici 2012, toutes les ampoules traditionnelles seront remplacées par des ampoules basse consommation dans l’Union européenne. Ce marché du renouvellement des ampoules traditionnelles représente 1 milliard d’euros.

(Source : GFK)

retrouvez le dossier complet sur le site de l’ADEME : http://ecocitoyens.ademe.fr/sites/default/files/chiffres_conso_resp_2009%20.pdf

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